M'etant moi-meme perdue en descendant du bus en provenance de l'aeroport, je decidai d'essayer de retrouver le lieu exact afin d'accueillir Mick a l'heure. La journee avait ete belle grace a la visite du temple du Dieu protecteur de la cite et surtout a celle du fameux jardin Yu (dont vous verrez des photos plus tard).
A la tombee de la nuit, je me dirigeais vers ce qui avait ete un vrai chemin de croix quelques jours aupqrqvqnt. CEtte fois, sans sac a dos de 15 kilos et sachant parfaitement m'orienter dans Shanghai, je situais l'arret du bus numero 5 sans trop de probleme.
Il etait encore tot, 19h, et le vol de Mister McPhee devait atterrir a 20h30. Il ne serait donc pas en ville avant 22h. Je retournais donc flaner dans les rues du centre dans l'optique de prendre quelques photos. People Square, Nanjing Donglu, les hordes d'ados munis de gourdins gonflables qui se tapent dessus sans retenue, les drapeaux chinois alignes, prets a accomplir leur devoir le jour suivant (fete nationale)... et enfin le theatre tout illumine.
Je venais de remballer mon appareil quand deux jeunes filles me lancent un "hello" amical. Je reponds, comme d'habitude. Eh oui, c'est devenu une habitude parce que des enfants aux vieillards, tout le monde me salue. Cette fois, les demoiselles s'attardent pour discuter. Je suis surprise par la qualite de leur anglais.
Elles sont elles aussi en vacances, originaires d'une autre province. Ce sont des amies d'enfance. L'une vient de finir l'universite et l'autre, qui a un an de plus, travaille avec ses parents. Elles semblent super contentes d'etre a Shanghai et nous parlons de tout et de rien pendant 20 minutes :
- comment sont les hommes francais ?
- Pffff, moi j'ai pas grand chose a dire !
- Paris, une ville romantique ?
- Mouais, ca depend des circonstances...
- Sarkozi, beau ?
Non mais elles sont aveugles ?! Oui, je sais, il est venu pour la ceremonie d'ouverture des jeux et a serre des mains mais ca le rend pas beau pour autant !
Il est marie a un ex-top ? Et alors, c'est pas la femme qui fait l'homme (heu... si un peu en fait !)
Elles ne me laissent pas un moment de repit. Leurs flateries m'ennuient un peu, j'ai l'impression qu'elles en font un peu trop mais bon, on ne va pas se plaindre de declencher l'enthousiasme !
Elles veulent profiter encore un instant de la vue puis ont l'intention d'aller assister a une ceremonie du the qu'elles n'ont pas pu faire dans l'apres-midi car le salon etait ferme.
Elles me proposent spontannement de me joindre a elles.
J'ai du temps et rien de precis a faire mais je me mefie un peu parce que Lonely Planet parle de nombreuses arnaques dans les grandes villes.
En meme temps, j'ai deja rencontre un petit couple super mignon sur le Bund (quai du fleuve) avec lequel j'ai passe tout l'apres-midi a baragouiner et ils ne m'ont rien demande en echange...
De toute facon, qu'est-ce que je risque ? De depenser 10 euros en participant a une tradition vieille comme le monde ? J'accepte de les suivre.
L'une des deux filles continue a me poser des questions mais l'autre passe son temps au telephone. Elle plaisante en disant qu'elle est tres populaire... Nous marchons dix bonnes minutes et je demande a mes nouvelles amies comment elles connaissent aussi bien la route. Elles me rappellent qu'elles sont venues dans l'apres-midi. Sacree memoire !
Je previens que je n'ai que 50 yuans sur moi (environ 5 euros) et que je dois aller chercher mon copain a 22h.
Nous arrivons dans un passage que je reconnais : c'est la que je viens consulter mes mails. Je leur dis que le cyber cafe ou je vais se trouve au troisieme etage et, le temps d'une seconde, il me semble voir comme de l'apprehension sur leur visage.
Nous grimpons jusqu'au deuxieme et entrons dans un magasin qui ne porte pas de nom. Je suis maintenant persuadee qu'il s'agit d'un piege a occidentaux. A peine penetrons nous dans la minuscule salle eclairee au neon ou nous sommes censees proceder a la ceremonie, mon attitude change. Je ne suis plus la fille sympa qu'elles ont rencontree dans la rue, je parle sechement et ne prete aucune attention aux gestes que la petite chinoise en costume ridicule execute tel un robot.
Mes hotes font semblant de ne pas connaitre le personnel mais, etrangement, elles sont capables de traduire presque mot pour mot ce que debite l'employee. On me presente les tarifs exhorbitants par tasse de the alors que j'en ai deja bu une. J'annonce que celle-ci sera la premiere et la derniere.
Elles n'ont pas l'air ravi, me conseillent de gouter au moins a 6 breuvages differents pour bien comparer. Je leur oppose un non ferme.
La voix monocorde de la naine derriere sa table commence a m'ennerver. J'ai de plus en plus de mal a contenir la colere qui monte en moi quand les 2 arnaqueuses me complimentent sur mon chinois ou la longueur de mes cils mais j'ai decide d'aller jusqu'au bout du trip pour savoir ou ca mene.
Quand je repete que je ne boirais plus rien (de toute facon, leur the n'a aucun gout), les complices tirent une gueule de trois pieds de long. Elles pretendent qu'elles vont rester et continuer la degustation. Pas de probleme, je reste avec elles en attendant qu'elles terminent. Mais non, ca va prendre du temps, je devrais regler ma part et reprendre mes activites... Tu m'etonnes !
On me presente la douloureuse : 103 yuans (dans les 11 euros). Mais bien sur, et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu ! C'est con, je n'ai pas assez ! Je reste polie et joue mon role de touriste desolee dans cette mascarade. En grattant le fond de mon sac, je peux vous donner 62 yuans mais c'est tout je que j'ai.
L'une des deux filles m'explique qu'il y a un distributeur juste dehors. Eh ben bien sur, prenez-moi pour une conne en plus ! Ca tombe mal, j'ai laisse ma carte bleue a l'hotel... Mais tu as un autre billet la, dans ton portefeuille ! Et ma main dans ta gueule, tu la veux aussi ?!
Elles se rendent compte que c'est elles qui se sont faites avoir. Je m'excuse platement en jubilant a l'interieur. Elles me disent que ce n'est pas grave, qu'elles paieront la difference, que ca se fait en Chine. Je vois l'amertume dans leurs yeux. Putain de riches europeens avec des oursins dans les poches pensent-elles. Elles repetent qu'elles vont rester encore un peum que je peux partir.
Histoire de ne pas se decouvrir malgre tout, elles notent de fausses adresses email sur un papier qu'elles me tendent. Je sors donc et descends l'escalator.
Dans la rue, je suis encore en colere. Meme si je ne me suis pas vraiment faite rouler, je refuse de cautionner ce comportement. Ici comme en France, je ne supporte pas qu'on prenne les etrangers pour des pigeons.
Alors je me dis que je vais leur donner une bonne lecon et je fomente un plan en 1/4 de seconde...
Vous allez croire que je fais expres de vous laisser sur votre faim mais les connexions sont tres mauvaises en Chine et je dois vous abandonner pour l'instant. Je promets de vous raconter la suite, assez croustillante, bientot.....
Gros bisous,
Elo