Vendredi 10 octobre 2008
Tout d'abord et pour repondre a la question que tout le monde se pose, Mick m'a bel et bien rejoint et ce sans embrouilles (un exploit !) Mais avant d'en arriver la, il faut que je vous raconte une anecdote pittoresque...

M'etant moi-meme perdue en descendant du bus en provenance de l'aeroport, je decidai d'essayer de retrouver le lieu exact afin d'accueillir Mick a l'heure. La journee avait ete belle grace a la visite du temple du Dieu protecteur de la cite et surtout a celle du fameux jardin Yu (dont vous verrez des photos plus tard). 
 
A la tombee de la nuit, je me dirigeais vers ce qui avait ete un vrai chemin de croix quelques jours aupqrqvqnt. CEtte fois, sans sac a dos de 15 kilos et sachant parfaitement m'orienter dans Shanghai, je situais l'arret du bus numero 5 sans trop de probleme.

Il etait encore tot, 19h, et le vol de Mister McPhee devait atterrir a 20h30. Il ne serait donc pas en ville avant 22h. Je retournais donc flaner dans les rues du centre dans l'optique de prendre quelques photos. People Square, Nanjing Donglu, les hordes d'ados munis de gourdins gonflables qui se tapent dessus sans retenue, les drapeaux chinois alignes, prets a accomplir leur devoir le jour suivant (fete nationale)... et enfin le theatre tout illumine.

Je venais de remballer mon appareil quand deux jeunes filles me lancent un "hello" amical. Je reponds, comme d'habitude. Eh oui, c'est devenu une habitude parce que des enfants aux vieillards, tout le monde me salue. Cette fois, les demoiselles s'attardent pour discuter. Je suis surprise par la qualite de leur anglais.

Elles sont elles aussi en vacances, originaires d'une autre province. Ce sont des amies d'enfance. L'une vient de finir l'universite et l'autre, qui a un an de plus, travaille avec ses parents. Elles semblent super contentes d'etre a Shanghai et nous parlons de tout et de rien pendant 20 minutes :
- comment sont les hommes francais ?
- Pffff, moi j'ai pas grand chose a dire !
- Paris, une ville romantique ?
- Mouais, ca depend des circonstances...
- Sarkozi, beau ?
Non mais elles sont aveugles ?! Oui, je sais, il est venu pour la ceremonie d'ouverture des jeux et a serre des mains mais ca le rend pas beau pour autant !
Il est marie a un ex-top ? Et alors, c'est pas la femme qui fait l'homme (heu... si un peu en fait !)

Elles ne me laissent pas un moment de repit. Leurs flateries m'ennuient un peu, j'ai l'impression qu'elles en font un peu trop mais bon, on ne va pas se plaindre de declencher l'enthousiasme !
Elles veulent profiter encore un instant de la vue puis ont l'intention d'aller assister a une ceremonie du the qu'elles n'ont pas pu faire dans l'apres-midi car le salon etait ferme.
Elles me proposent spontannement de me joindre a elles.

J'ai du temps et rien de precis a faire mais je me mefie un peu parce que Lonely Planet parle de nombreuses arnaques dans les grandes villes.
En meme temps, j'ai deja rencontre un petit couple super mignon sur le Bund (quai du fleuve) avec lequel j'ai passe tout l'apres-midi a baragouiner et ils ne m'ont rien demande en echange...
De toute facon, qu'est-ce que je risque ? De depenser 10 euros en participant a une tradition vieille comme le monde ? J'accepte de les suivre.

L'une des deux filles continue a me poser des questions mais l'autre passe son temps au telephone. Elle plaisante en disant qu'elle est tres populaire... Nous marchons dix bonnes minutes et je demande a mes nouvelles amies comment elles connaissent aussi bien la route. Elles me rappellent qu'elles sont venues dans l'apres-midi. Sacree memoire !
Je previens que je n'ai que 50 yuans sur moi (environ 5 euros) et que je dois aller chercher mon copain a 22h.
Nous arrivons dans un passage que je reconnais : c'est la que je viens consulter mes mails. Je leur dis que le cyber cafe ou je vais se trouve au troisieme etage et, le temps d'une seconde, il me semble voir comme de l'apprehension sur leur visage.

Nous grimpons jusqu'au deuxieme et entrons dans un magasin qui ne porte pas de nom. Je suis maintenant persuadee qu'il s'agit d'un piege a occidentaux. A peine penetrons nous dans la minuscule salle eclairee au neon ou nous sommes censees proceder a la ceremonie, mon attitude change. Je ne suis plus la fille sympa qu'elles ont rencontree dans la rue, je parle sechement et ne prete aucune attention aux gestes que la petite chinoise en costume ridicule execute tel un robot.

Mes hotes font semblant de ne pas connaitre le personnel mais, etrangement, elles sont capables de traduire presque mot pour mot ce que debite l'employee. On me presente les tarifs exhorbitants par tasse de the alors que j'en ai deja bu une. J'annonce que celle-ci sera la premiere et la derniere.
Elles n'ont pas l'air ravi, me conseillent de gouter au moins a 6 breuvages differents pour bien comparer. Je leur oppose un non ferme.

La voix monocorde de la naine derriere sa table commence a m'ennerver. J'ai de plus en plus de mal a contenir la colere qui monte en moi quand les 2 arnaqueuses me complimentent sur mon chinois ou la longueur de mes cils mais j'ai decide d'aller jusqu'au bout du trip pour savoir ou ca mene.

Quand je repete que je ne boirais plus rien (de toute facon, leur the n'a aucun gout), les complices tirent une gueule de trois pieds de long. Elles pretendent qu'elles vont rester et continuer la degustation. Pas de probleme, je reste avec elles en attendant qu'elles terminent. Mais non, ca va prendre du temps, je devrais regler ma part et reprendre mes activites... Tu m'etonnes !

On me presente la douloureuse : 103 yuans (dans les 11 euros). Mais bien sur, et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu ! C'est con, je n'ai pas assez ! Je reste polie et joue mon role de touriste desolee dans cette mascarade. En grattant le fond de mon sac, je peux vous donner 62 yuans mais c'est tout je que j'ai.
L'une des deux filles m'explique qu'il y a un distributeur juste dehors. Eh ben bien sur, prenez-moi pour une conne en plus ! Ca tombe mal, j'ai laisse ma carte bleue a l'hotel... Mais tu as un autre billet la, dans ton portefeuille ! Et ma main dans ta gueule, tu la veux aussi ?!

Elles se rendent compte que c'est elles qui se sont faites avoir. Je m'excuse platement en jubilant a l'interieur. Elles me disent que ce n'est pas grave, qu'elles paieront la difference, que ca se fait en Chine. Je vois l'amertume dans leurs yeux. Putain de riches europeens avec des oursins dans les poches pensent-elles. Elles repetent qu'elles vont rester encore un peum que je peux partir.
Histoire de ne pas se decouvrir malgre tout, elles notent de fausses adresses email sur un papier qu'elles me tendent. Je sors donc et descends l'escalator.

Dans la rue, je suis encore en colere. Meme si je ne me suis pas vraiment faite rouler, je refuse de cautionner ce comportement. Ici comme en France, je ne supporte pas qu'on prenne les etrangers pour des pigeons.
Alors je me dis que je vais leur donner une bonne lecon et je fomente un plan en 1/4 de seconde...



Vous allez croire que je fais expres de vous laisser sur votre faim mais les connexions sont tres mauvaises en Chine et je dois vous abandonner pour l'instant. Je promets de vous raconter la suite, assez croustillante, bientot.....

Gros bisous,

Elo


Par LOD
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Mardi 30 septembre 2008

Salut les petits poulets, comment ca va ?

Troisieme jour a Shanghai pour votre serviteuse (servitrice ? serveuse ? Pffff... on s'en fout !) et deja bien dans le bain ! Que dire des premieres impressions... BONNES ! Oui, ok j'avais un a priori super positif mais ca c'est du a mon histoire d'amour avec l'Asie. Non, pour etre tout a fait objective (lol), les Chinois que j'ai rencontres jusque la sont super avenants.
Ils sourient, disent a tout va le seul mot qu'ils connaissent en anglais "hello" et veulent sans cesse vous prendre en photo. J'imagine que l'exotisme pour eux, c'est nous ! Les filles sont super curieuses, elles voudraient communiquer mais n'y parviennent pas toujours alors elle vous prennent le bras et vous parlent tout doucement en chinois comme si tout a coup, vous alliez miraculeusement comprendre.
Remarquez, ca fait 2 nuits que je dors la tele allumee, je commence a me faire aux sonorites etranges de la langue !

La ville est gigantesque ! Les disparites sont absolument hallucinantes entre les quelques vieilles maisons qui restent encore debout (mais ca ne va pas durer car ils demolissent tout) et les nouveaux quartiers, tel Pudong, qui poussent comme des champignons. On se demande comment les pauvres vont pouvoir rester a Shanghai s'ils doivent payer les loyers de ces nouvelles residences de luxe...
Les centres commerciaux sont a l'image de la cite : enooooormes ! 7 etages c'est la moyenne et j'en ai deja comptes trois dans les 2 rues principales !
La mode est au coeur de toutes les preoccupations : les ongles, la coiffures, les fringues et les chaussures a talons, aucun element de la panoplie n'est neglige. Et c'est aussi flagrant chez les jeunes mecs que chez les filles !

Ce qui est etonnant aussi c'est a quel point tout le monde s'entretient. Le matin, quqnd le jour se leve, ils sont deja nombreux dans les parcs a courir, marcher, faire des etirements ou du Tai Chi. Les vieux ratatines aux cheveux gris les premiers !

On remarque les differentes ethnies au premier coup d'oeil : personne ne se ressemble. Certains ont la peau si mate qu'ils pourraient etre malaysiens, d'autres le teint si rose qu'on devine a peine qu'il sont asiatiques. Beaucoup de filles sont mignones bien qu'assez maigres. Certains mecs sont aussi tres beaux, on les dirait sortis d'un film d'epoque japonais (si, si japonais !).

Cote sanitaire, ce n'est pas aussi dramatique qu'on a bien voulu me le laisser croire : mon hotel par exemple est un temple de la proprete : une petite jeune femme vient tous les jours renouveller mes chaussons, mes serviettes, mon tapis de bain, laver les sols et je peux avoir des draps propres tous les jours si je veux ! Un service digne des grands noms pour 28 euros la nuit. Ok, ce n'est pas non plus un palace mais je suis habituee a bien plus pourri que ca !
Je n'ai pas vraiment vu les gens jeter de papier par terre. Par contre, des qu'il y a un element urbain vide (ancien feu rouge, poste postale etc...), il est immediatement rempli de detritus ! Il existe aussi des poubelles a proprement parler qui dont la difference entre les dechets recyclables et non recyclables.
D'accord, dans les cyber cafes, tout le monde fume, il n'y a pas de ventilation et les claviers sont super graisseux !
Pour ce qui est du fameux glaviot Chinois, je m'attendais, encore une fois a pire ! On m'avait dit : "attention, il peut t'en arriver un sur le pied a tout moment, c'est vraiment degueulasse !"
Eh bien non, justement, il y a un moment pour le glaviot : une fois la gorge raclee et les secretions aglutinees dans la bouche (Mmmh, bon apetit !), le chinois conserve sa substance gelatineuse le temps de trouver un morceau de troitoir digne de son crachat. En fait, il attend surtout un creneau entre 2 passants !
Tout le monde ne crache pas, ce sont surtout les hommes et femmes a partir de 50 ans. Les jeunes suivent probablement les consignes anti-contagion qu'on leur inculque a l'ecole ?
Ah si, j'en ai vu un ce matin ! Un jeune qui avait apparemment passe la nuit a jouer aux jeux en reseau au cyber cafe et qui, apres avoir tire sur sa clope, nous a forme un gros mollard qu'il a expulse sur le sol. Oui, oui, a l'interieur ! Et a 6h30 du mat' !

Je vous dirai si le glaviot est plus populaire dans les campagnes...

Encore 2 jours a Shanghai puis, Mick (qui doit me rejoindre ce soir) et moi prendrons la route pour Hangzhou, premiere destination imprevue du voyage (j'ai vu de super belles images sur CCTV !)

A tres bientot, avec, peut-etre des images a la clef...

Bisous,

Elo

Par LOD
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Lundi 28 juillet 2008

Si 2008 m'était contée, j'entendrais surtout des histoires de boulot parce que 8 mois dans la même boîte, c'est quand même rare pour moi !
Je suis arrivée à la FNPSP le 21 janvier, j'en sortirai fin août et pourtant, je n'ai pas trop envie de partir... L'âge, me direz-vous ? Non, je ne me calme pas avec les années. C'est juste que j'ai un bon boss et un travail intéressant (eh oui, on a le droit de désinfecter les graines de tomates à l'eau de javel ! )

La FNPSP c'est la Fédération Nationale des Professionnels des Semences Potagères et florales. Ouais, rien que ça ! Ca change de l'Alliance Française mais nos locaux, situés rue du Louvre, ne sont pas mal non plus.

Coté coeur, Mick et moi avons été séparés pendant 4 mois grâce à nos amis du Consulat Français de Melbourne qui ont trouvé rigolo de lui refuser son visa étudiant. Il a donc du rentrer en OZ et recommencer à zéro : trouver un taf, squatter chez son frère etc... Il s'en est bien sorti car après 1 mois à galérer dans le Victoria, il s'est engagé (c'est le cas de le dire) dans une mine du Northen Territory. Je vous rassure c'était une mine à ciel ouvert, de cuivre pour être exacte qui n'était pas encore exploitée. Il s'agissait pour son équipe d'approvisionner le site en électricité avant que les vrais mineurs arrivent.

10 heures de boulot par jour 28 jours d'affilée puis 1 semaine off et rebelotte. Oh j'allais oublier de préciser qu'ils avaient en plus 2 heures de trajet par jour ! A savoir aussi : les télécoms dans le nord de l'Australie sont encore bien pire que dans le reste du pays ce qui n'est pas peu dire. Conclusion : 2 appels par semaine maximum et échanges de mails quasi impossible. De plus, la fatigue aidant, Monsieur McPhee avait les nerfs à fleur de peau et la paranoïa active...

Les 3 premiers mois furent un enfer surtout lorsque nous n'avions plus été séparés depuis plus de 2 ans. A mi-parcours, Mick a cependant eu la bonne idée (vaguement suggérée, lol) de sauter dans un avion pour Paris.
A cette occasion, il a négocié le mariage, seule solution pour que nous retrouvions un peu de tranquilité.
Comme tout le monde le sait, nous n'étions chauds ni l'un ni l'autre pour un tel engagement mais puisqu'il a posé la question, j'ai répondu par la positive et nous voilà partis pour les emmerdes administratives.

Je vous passerai les pénibles détails des demandes de certificats de naissance et autres apostilles mais à la date d'aujourd'hui (le 28 juillet 2008), il ne nous reste qu'un mois de célibat !

Sinon, depuis 2 mois et demis (de bière) c'est pique nique sur apéro sur fiesta alors le foie en prend un coup et les nuits sont courtes. Quand on ne bosse que 3 jours par semaine ça ne pose pas vraiment problème mais je me demande comment les autres font... Si ça continue on ne va pas être bien frais pour accueillir les parents de Mick fin août !

Son frère et sa soeur ne feront pas le voyage (ce qui me met hors de moi mais bon passons) et ceux qui se disaient ses potes depuis l'enfance et à jamais non plus alors nous devrions être une petite vingtaine le 30 août à la Mairie. Pour moi, ça suffit amplement...

De toute façon, pour moi ce n'est pas l'évènement du siècle. Je suis plus branchée sur le voyage en Chine qui va suivre : un mois à visiter et découvrir en train, vélo, en stop, enfin tous les moyens de transports qu'on voudra bien nous laisser emprunter. Départ entre le 15 et le 20 septembre (on a pas encore les billets) et retour en plein hiver. 

J'AI HÂTE !!!

Voilou les news pour l'instant, je vous laisse jeter un oeil aux nouveaux albums photos et vous dis à très bientôt...
























Elo

PS : le bouquin avance doucement, seuelement 20 pages pour l'instant.
 

Par LOD
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Jeudi 6 mars 2008

Eh bien eh bien, si j'avais su qu'il s'en passerait autant en trois mois, j'aurais fait des articles mensuels !!


D'abord, j'espère que vous avez tous passé un bon noël et un super jour de l'an. BONNE ANNEE 2008 ! Voilà qui est original : se faire souhaiter une bonne année au mois de mars !


De notre côté, noël a été réussi. Nous l'avons fêté dans la toute nouvelle maison de ma soeurette et de son chéri, à Aujargues dans le Gard. Il s'agit d'une ancienne grange qu'Alain (surtout) et Manue (un peu moins) ont entièrement restaurée. Enfin quand je dis restaurée c'est plus que ça : même la toiture a été refaite !


Ils se sont ereintés pour que ce soit présentable pour les fêtes et j'avoue que c'était surprenant ! Les volumes sont magnifiques et l'aménagement, bien que pas encore terminé, montre déjà un fort potentiel. Voir photos dans l'album correspondant. On en attendait pas moins d'eux !


L'accueil a été chaleureux et Nova a apprécié son nouveau compagnon de jeux (ou, devrais-je dire, souffre-douleur) en la personne du chat de ma mère alias P'tit Mec. 
Les victuailles furent dignes d'un banquet dans Astérix et l'ambiance bien différente de celle des fêtes de famille australiennes... Je n'ai pas dit mieux ou moins bien mais vous savez bien ce que j'en pense !


Evidemment, Mickey s'est débrouillé pour se faire chouchouter en chopant une bonne grippe qui traînait. Le souci c'est qu'il en a fait profiter tout le monde : Alain a aussi passé une soirée entière à gerber et ce n'est qu'au retour sur Paris que j'ai déclenché une gastro et Manoushka une bonne fièvre.


Dommage pour moi, le mal de ventre commença le 31 donc jour de l'an nada ! Enfin, un bon lavage d'estomac après noël, je ne vais pas me plaindre. Au revoir dindes, chocolats et autres bon vins, lol !


Oh j'allais oublier que nous avons eu la visite des potes de Mick juste avant de descendre dans le sud.
Casey, Kade et Jay ont débarqué pour 6 jours de folie. Hum... folie n'est pas le mot exact.... disons plutôt de détente !
Ils avaient l'air épuisé de leur périple de 3 mois en Europe et semblaient plutôt enclins à squatter l'appart qu'à visiter Paris ! Résultat des courses : canapé-lit ouvert jusqu'à 14h, matage d'épisodes de Dexter jusqu'à plus soif et le soir, parties de poker arrosé d'Heinneken. Là aussi y a photos.
Je mentirais si je vous disais qu'ils n'ont pas mis le pied dehors. Non... nous les avons bien emmenés à Notre-Dame (que j'en ai marre de visiter même si cette fois, il y avait la crêche !) mais disons qu'ils étaient.... .... absorbés par leur discussion sur le foot australien et qu'ils n'ont même pas levé les yeux lorsque nous sommes arrivés par l'arrière de la cathédrale.
La palme du commentaire revient à Jay qui, à la vue du monument, me demande si Notre-dame a quelque chose à voir avec Nostradamus. 
Je lui fait répéter plusieurs fois la question, n'étant pas sûre de saisir la portée du message puis, finis par réaliser que, non, il ne fait pas allusion au bossu de notre-dame mais bien au célèbre voyant.


A mon tour, je lui demande ce qui a bien pu lui donner cette idée farfelue et il me répond avec son accent anglais que ça sonne pareil ! Nostre Daaaaame / Nostradamus !
Ouh la la, faut arrêter de fumer la moquette machin, c'est pas bon pour les neurones ! A moins qu'il n'y en ai jamais eu dans ce joli petit crâne... Pourtant, Jay fait partie de la police scientifique ! Il doit pas y avoir beaucoup de crimes de résolus en Australie !!!


Malgré leur âge mental de 12 ans et l'exaspération de Mick qui devait les traîner dans Paris, nos invités avaient quand même bon fond et ont essayé de nous faire plaisir (notamment Casey) en cuisinant un risotto (sosie d'une patée pour chien) et des pancakes (pas bons pas bons). 
Je ne pense pas les ré-accueillir de si tôt mais je les reverrai ailleurs avec plaisir.


Au retour de Montpellier, nous étions contents d'être enfin seuls ! 6 jours avec les ozzies plus 10 jours de cohabitation - bien qu'agréable - dans le midi, on était heureux d'avoir un peu d'intimité.


Mais une mauvaise surprise nous attendait. Une bien plus mauvaise que toutes les précédentes. Une nouvelle qui allait changer la donne et bouleverser le petit McPhee.


En effet, depuis 3 mois, nous attendions que le visa de Mick nous parvienne. Après maints échanges avec le consulat de Sydney, nous avions calculé que le papier devait arriver au plus tard le 20 janvier.
C'était sans compter sur les compétences de nos fameux fonctionnaires ! Un email de Julian nous mit la puce à l'oreille : le consulat réclamait encore une lettre de motivation (on aura tout vu !) arguant que Mick avait déjà été titulaire d'un visa vacances-travail et qu'il connaissait suffisamment la France comme ça !


Un peu ennervé du sous-entendu, nous rédigeâmmes ensemble une lettre motivée, certes, mais somme toute un peu agressive à destination de ces ânes battés. La réponse ne se fit pas beaucoup attendre et nous fûmes complétement désorientés face à la bêtise des lois et de ces décisionnaires : on refusait à Mick le droit de venir étudier le français pendant 1 an.


Alors quoi ? Le fait d'être prêt à payer 1800€ d'école privée, d'avoir pris une assurance de 600 dollars pour l'année, de s'être procuré une saloperie "d'attestation d'accueil" (pour laquelle bibi a du déclarer pouvoir subvenir aux besoin de son étranger à coup de bulletins de salaires et extraits de compte épargne et qui a coûté 30€ de timbre fiscal), le fait de rédiger 2 lettres de motivation et de littéralement lècher le cul de l'administration CE N'ETAIT PAS ASSEZ ?!!!?!!


Eh bien non, les petits chefs avaient mis leur véto et ,pour prouver leur courage, s'étaient retranchés derrière une loi qui les autorise à "ne pas divulguer les raisons de leur refus" !!!!!
QUE QUELQU'UN ME DONNE UN FLINGUE !!!


Résultat des courses pour les Mathieu/McPhee, une seule solution : se marier. Oui mais, me direz-vous, si c'est la seule et ultime.... Ben vi, c'est bien ce que je me suis dit, moi qui pourtant avait juré qu'on ne me passerait ni bague au doigt ni corde au cou, je me préparait à l'idée.
L'avantage d'être athée dans ce genre de situation, c'est qu'on a à régler des comptes qu'avec sa conscience personnelle. Mais dans notre couple, il y a aussi un catholique, issu d'une famille d'extrêmistes avec une emprise démoniaque !


Les pourparlers ont commencé dans les cris et les négociations ont fini dans les pleurs.
 

Les arguments du père de Mick venant s'affronter comme des blocs de bétons à mes pauvres essais de mise en perspective, je perdais du terrain. Comment, quand on est parent, peut-on être égoïste à ce point-là ? Comment peut-on préférer l'obéissance au bonheur de son propre fils ?


Eh oui, parce que 1) se marier sans ses parents, c'est sacrilège !
2) se marier sans être d'abord fiancés, c'est risquer d'aller en enfer
3) se marier pour les papiers c'est la honte sur la famille
et 4) pourvu qu'un tsunami sur Melbourne nous débarasse enfin de la culpabilité qui pèse sur mon pauvre chéri.


27 ans de bourrage de crâne ! 27 ans de "le mariage c'est pour la vie" ! Y a de quoi avoir la frousse ! Pas de droit à l'erreur... Alors vous vous doutez bien que mon :"mais de toute façon, maintenant, avec le divorce accéléré en France, en 3 mois c'est réglé" n'a pas été très bien digéré !!!
Mieux vaut en rire, non ?


Conclusion des courses, Mick est de retour au pays. Et oui, David a perdu contre Goliath. 
Le mariage de Julian et Lea étant prévu mi-juin, il n'y a aucune chance pour que je revois mon amoureux avant juillet. Et de toute façon, ça c'est s'il décide d'envoyer son éducation chier... car s'il revient c'est pour de bon... 


Le plan (pour lequel je n'ai pas été consultée), c'est qu'il revienne en été avec papa et maman sous le bras pour qu'ils assistent à une cérémonie éclair à la mairie de 11ème. Pfffff, BULLSHIT !


Dans l'idéal, moi je préfèrerais qu'il n'y ait que ma Mag, mon Pat, ma Soph, ma Marie, mon Enora, mon Cyril, ma soeurette, mon Alain et les potes de Mick. Pas de parents qui pleurent (de joie ou de désespoir ?), pas de pression, juste 10 minutes de tranquilité et une bonne mauresque au troquet du coin après.


D'ici-là et si tout se goupille bien, je ne boiterais plus ! 
Ah ben oui, ça aussi j'allais zapper : j'ai voulu me reconvertir dans la cascade... Ben c'était pas une bonne idée ! Je vous donne le cadre : 2ème semaine de boulot, un matin, communiqué de presse à faire passer en urgence à l'AFP, 10h40, faut le déposer avant 11h.


La lettre entre les dents, le manteau à peine sur le dos, je dévale les escaliers. Ou plutôt je roule-boule dans les escaliers ! Pantalon large trop long, marché dessus, raté une bonne vingtaine de marche, arrêtée par le mur, AIE !


Le genou en confiture, le coude déjà tout bleu, le menton brûlé sur la moquette... MIAM sexy ! Photos encore. C'était le 7 février. Je commençais juste mon CDD de remplacement de congé maternité, c'est le boss qui va être content !
Nous sommes le 6 mars et grâce au talent incommensurable des urgentistes et autres généralistes, je boite toujours et je peux prédire quand il va pleuvoir. Ca promet pour mes vieux jours !


En gros, si Mick revient, qu'il me voit boiteuse, obèse, acnéïque et névrosée et qu'il veut encore de moi, je fais plaisir à tout le monde : je deviens catho parce que, là, vraiment là, ce sera bien un MIRACLE !



Gros bisous,

Elo

Par LOD - Publié dans : elofly
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Samedi 22 décembre 2007

Salut à tous !


c'est fou, je n'ai pas envie d'abandonner ce blog ! Pourtant, je suis rentrée mais avec la poisse qui me caractérise, il continue de m'arriver des trucs pour le moins hors du commun.

Exemple ? Après avoir envoyé maintes candidatures à tous les instituts de langues et autres centres de soutiens scolaires, après avoir mis une annonce sur un site spécialisé dans les cours particuliers et surtout après un silence radio de tous les employeurs potentiels, j'ai contacté une entreprise de garde d'enfants.

J'ai passé un entretien et expliqué que j'avais besoin de temps pour monter ma propre structure et que la meilleure façon de garder un lien avec ma "future clientèle" serait de m'occuper d'un petit garçon ou d'une petite fille. Je dois avouer que l'accueil réservé par la directrice de l'agence d'intérim Kelly services (pour ne pas la citer !) derrière chez moi m'avait bien motivée à ne plus jamais me laisser rabaisser par des petits chefs étriqués dans leur tailleur autant que dans leur mentalité...

Suite à la rencontre avec le responsable de l'agence de garde d'enfants, je me suis vue proposer une première mission. Il s'agissait de s'occuper d'un petit garçon dont le nom de famille comportait une particule et qui vivait à quelques stations de métro de chez moi.

Je me mets donc en relation avec la maman dont on m'avait donné les coordonnées et un homme très aimable me répond que : "Madame n'est pas là." Je demande si je peux la joindre sur son portable et la voix me répond, toujours très poliment : "certainement".
Je raccroche imaginant un palace avec majordomme et bonnes. Mal à l'aise, je réussi à joindre ma correspondante qui me donne rendez-vous à la sortie du métro afin que nous allions ensemble chercher son fils au sport. Ah bon, ils prennent le métro ces gens-là ?

J'attends sous une pluie fine une femme que je me représente grande, fine, probablement publiciste ou à la tête d'une quelconque compagnie. C'est une femme plus jeune qui me serre la main et me propose une cigarette.

- Non, merci j'ai arrêté il y a plus de 6 ans !

Nous discutons sur le chemin qui n'est pas long puisqu'il suffit presque de traverser la rue pour atteindre le centre d'arts martiaux. Une fois à l'intérieur, je suis un peu surprise de l'état de délabrement du bâtiment. Je ne m'attendais pas à ce que les vestiaires sentent le muguet mais pas non plus au gris qui barbouille les murs comme un dépôt de suie. 

Je fais connaissance avec le petit de 6 ans qui m'a l'air très sympathique. Parce que je m'interesse à lui, il semble laisser tomber la garde très rapidement. Il ressemble un peu à Isaak, le fils d'une de mes copines que je ne vois plus et ça me fait un petit pincement au coeur.

La maman m'explique l'emploi du temps qui sera le mien si l'heure à venir se déroule bien. A peine 200 mètres plus loin, nous nous arrêtons devant une entrée d'immeuble illuminée. La porte est ouverte et il semble se passer quelque chose à l'intérieur : des gens discutent, des enfants courent partout et nous entrons sur leurs talons.

Je pense que nous faisons un arrêt sur le chemin. Il s'agit d'une exposition, un vernissage même.

En fait, nous sommes arrivés à destination. La famille vit dans un foyer !
Il s'agit d'une foyer du type armée du salut pour femmes seules. 

Je ne juge pas mais me sens propulsée à 200km/h contre le mur. Moi qui m'attendait à devoir m'adapter à une famille bourgeoise, limite aristocrate ! 
Le contact avec la maman et le petit garçon est facile. Je suis autorisée à monter dans leur appartement, ce qui normalement nécessite une dérogation. Nous grimpons les 3 étages ou se pressent de petits curieux : les enfants de toutes les autres femmes qui jouent ensemble et profitent de l'animation. 

Je commence à me sentir de plus en plus vulnérable dans ce cadre. Je me croyais mal lotie, revenant de l'étranger, sans boulot et mon compte épargne en chute libre mais je fais encore partie des privilégiés...

La porte qui s'ouvre donne sur une chambre de bonne tout en longueur. La maman appelle ça un studio. Cela doit faire à peu près 9m². J'ai une boule dans la gorge en voyant les lits jumeaux qu'elle partage avec son fils et sa propre mère, assise sur une chaise, qui babysitte un enfant de 6 mois à peine qui n'a pas encore de place en crèche.

Je m'assied et essaie de garder ma contenance. Là, elle se met à me raconter son histoire. Elle habitait en HLM, est partie en voyage en sous-louant à un sans papier. On l'a balancée, elle a été expulsée et condamnée à payer tous les loyers de retard. Elle n'a pas eu d'autre choix que d'attérir là et cela dure depuis 3 ans.

Il y a certains détails de son histoire qui sonnent faux. Comme le fait qu'elle soit ingénieur en informatique... 
J'ai de la peine pour elle mais essaie en même temps de penser à la situation dans laquelle je suis en train de me mettre. Elle m'a clairement expliqué que, maintenant qu'elle a retrouvé un emploi, le juge va faire des saisies sur ses salaires. Comment va-t-elle financer le service que je suis sensée assurer ?

J'apprends aussi que le petit va chez le pédo-psychiatre et qu'il a des problèmes de comportement à l'école "des crises". Ai-je vraiment besoin de ces complications supplémentaires dans ma vie qui n'est déjà pas des plus simples.

Je mets ces considérations de côté et termine une discution qui, au final, aura duré 3 heures.
Je rentre à la maison et raconte tout à Mick. Et c'est au fur et à mesure que les mots sortent de ma bouche que je prends la mesure de mon ignorance mais aussi de l'espèce d'état de choc dans lequel je me trouve.

Je m'entends répéter à plusieurs reprises à quel point la situation était glauque et que je ne me sens pas capable de m'occuper aussi d'un bébé (d'autant que la maman voulait que cela reste entre nous). 
Je me pose des questions sur ma responsabilité en cas d'accident, sur la façon de demander à la personne de l'agence qui m'y avait envoyée si elle était au courant de tous les paramètres.

Je me torture toute la nuit et dors très peu. Le lendemain, je prends le téléphone avec appréhension mais à la minute où je prononce le mot foyer, mon interlocuteur est atterré et confirme immédiatement qu'il n'en savait rien. Je lui fais part des autres renseignements que j'ai glanés et il me dit qu'il comprendrait que je n'accepte pas le poste et qu'il me trouverait une autre famille illicco.

Je suis rassurée de ne pas avoir à expliquer les raisons qui me font reculer et soulagée de ne pas avoir à retourner dans cet endroit. Je ne fais pas l'autruche et je ne suis pas particulièrement fière d'avoir laisser tomber ce petit bonhomme mais qu'auriez-vous fait à ma place ?

Vous voyez, quand je vous dit qu'il s'en passe de belles ici aussi ?!


En tout cas, je profite de cette fin d'année pour vous souhaiter un très heureux noël avec ou sans chocolats, avec ou sans vos proches, chez vous ou à l'autre bout du monde.
Et si on ne se voit pas d'ici-là, aussi une merveilleuse année !

GROS BISOUS

Elo


Par LOD
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